Frédéric Boyenga-Bofala

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Pourquoi Frédéric Boyenga Bofala ne rejoint-il pas Etienne Tshisekedi?


Le coup de force légitime d'Etienne Tshisekedi permet enfin d'espérer l'émergence d'une nouvelle race d'homme politique en RDC. Ceux-ci doivent soutenir Etienne Tshisekedi contre vents et marées.

Après avoir franchi le Rubicon en s'autoproclamant Président élu et en prêtant serment, Etienne Tshisekedi poursuit sa logique du bras de fer contre Joseph Kabila. Et nous ne pouvons que l'encourager en ce sens. Car il ne fait aucun doute pour nous qu'au terme de la débâcle électorale de décembre 2011, la légitimité démocratique et populaire est aujourd'hui entre les mains de l'homme de Limete. Que nous l'aimions ou le détestions, il s'agit d'une réalité incontournable.

Assez logiquement donc, Etienne Tshisekedi, rassuré, dit-il, du soutien de la police et de l'armée congolaise  « acquise au changement  », a décidé de former son gouvernement. Il n'a toutefois pas encore dévoilé de noms ni développé les lignes de forces du programme gouvernemental qu'il entend impulser. Toutes les supputations sont donc permises. Mais une chose est sà»re. L'exercice est périlleux et il lui incombe d'aller jusqu'au bout de son action avec intelligence, sans faiblesse, sans crainte mais avec toute la sagesse et le discernement qu'exige désormais de sa part le lourd destin qu'il s'est assigné.

Un lourd destin effectivement car au-delà  de la confrontation électorale pour l'accession à  la fonction présidentielle, le véritable enjeu de ce bras de fer est la survie de la République Démocratique du Congo, en tant qu'Etat. Et cette bataille ne peutêtre menée par un seul homme. Certes, Tshisekedi incarne un leadership. Il doit pouvoir galvaniser son peuple et lui donner la confiance de vaincre, lui fixer des objectifs clairs et lui proposer un projet d'avenir constructif. Mais l'histoire nous enseigne que tout leader, aussi charismatique soit-il, tire en grande partie sa gloire des circonstances qui le portent et dont il se joue ainsi que de la compétence et de la fidélité des hommes dont il s'entoure. Et sans doute est-ce là  un casse tête pour Etienne Tshisekedi car les élites politiques congolaises ne brillent pas par leurs vertus. Or l'erreur de casting n'est pas permise.

Etienne Tshisekedi sait certainement à  cet égard qu'il peut compter sur les forces vives de la Nation, elles aussi acquises par principe au changement. Et nous ne doutons pas qu'en ces heures cruciales, il examine avec réalisme toutes les possibilités mises à  sa disposition.

Mais le temps est compté. Il file à  vive allure et ne joue que pour le plus fort. Nous ne saurions donc qu'encourager tout ceux et toutes celles qui ont un projet ambitieux pour la RDC, des qualités humaines et des compétences politiques et techniques précieuses à  valoriser de s'engager aux côtés d'Etienne Tshisekedi et a profiter de cette opportunité pour émerger de l'inconnu et apporter leurs énergies à  la bataille pour la libération et la reconstruction de la RDC.

Nous n'irons pas par quatre chemins. Dans un récent article, notre rédaction se félicitait de la sortie d'un récent ouvrage signé de la plume de Frédéric Boyenga Bofala, le Président de l'Unir MN :  « Au nom du Congo Zaïre  ».Les propositions développées dans ce remarquable travail pour la stabilisation politique et sécuritaire de la RDC et le règlement de la crise des Grands lacs révèlent une nouvelle vision ambitieuse que nous estimons dynamique et parfaitement adaptée à  la situation chaotique de la RDC. Elles méritent à  ce titre toute notre attention et à  notre avis, bien des synergies constructives et opportunes sont susceptibles d'être mise en œuvre entre les deux hommes.

Frédéric Boyenga Bofala est une de ces personnalités politiques discrètes que nous apprécions de voir enfin émerger du marécage politique congolais. Une émergence qu'il faut mettre à  l'actif du virage à  180 degré entrepris avec courage par Etienne Tshisekedi.

Notre intention est donc de le prendre au mot. Dans sa démarche politique, Boyenga Bofala prône la réconciliation et l'unité nationale. Etienne Tshisekedi qui dispose de la légitimité démocratique lui offre ici, en ces heures déterminantes pour le pays, une occasion rêvée de s'affirmer et de mettre en pratique son noble idéal patriotique.

Il ne peut plusêtre question pour Boyenga Bofala de s'emmurer d'avantage dans le silence. Il est en effet légitime de nourrir des ambitions pour son pays. Mais si l'homme entend jouer un rôle politique actif et salutaire pour sa patrie, il doit soutenir Etienne Tshisekedi et se ranger à  ses côtés pour l'aider à  réussir. Boyenga Bofala a le privilège, et ils ne sont pas nombreux, à  n'avoir jamais été impliqué de près ou de loin aux excès de la politique congolaise, majorité et opposition confondue. Il a du talent, une intelligence singulière et de grande compétence technique. Il est donc parfaitement en mesure d'appuyer l'action du Président Tshisekedi en mettant à  sa disposition, sa crédibilité, sa probité et sa capacité de travail et ses projets. Il n'y a rien de déshonorant à  réviser ses ambitions et à  accepter les seconds rôles lorsqu'il en va de l'intérêt général d'un peuple et de la survie d'un pays.

Nous l'en croyons capable. Après tout Boyenga Bofala n'a-t-il pas déclaré lui-même urbi et orbisa totale indépendance d'esprit, son détachement à  l'égard de la chose politique et, en même temps, son attachement à  la préservation de son libre arbitre !

Nous invitons instamment Frédéric Boyenga Bofala à  s'engager dans ce grand exercice d'humilité. L'ordre philosophique auquel il se dit appartenir devrait en principe lui fournir les outils et les qualités morales qu'il faut pour se ranger à  cette sagesse.

Etienne Tshisekedi, l'ancien, a besoin d'hommes nouveaux pour son Congo qu'il veut enfin démocratique et stabilisé. Il en a besoin pour transmettre le témoin le moment venu car il sait lui-même que l'âge aidant, il devra un jour prochain céder le flambeau à  une génération digne de son combat.

Alors, pourquoi Boyenga Bofala ne rejoint-il pas Etienne Tshisekedi ?

Alban KEFLER

Africanews rédaction