Frédéric Boyenga-Bofala
Au nom du Congo ZaÏre

Bienvenue

Comme vous le constaterez, je ne fais pas partie de « ceux que l'on ne présente plus ». Je vous préciserai simplement que je suis né à Mbandaka dans la province de l'Equateur, le 03 février 1960. Je suis docteur en droit public International et européen (Université de Lille 2), enseignant chercheur, ancien attaché d'enseignement et de recherche à  l'Université de Lille 2, où j'ai enseigné le droit constitutionnel et le droit communautaire, consultant. Je préside l'Union pour la République Mouvement National (UNIR Mouvement National), parti politique en République Démocratique du Congo (RDC), officiellement enregistré en RDC par l'arrêté ministériel N ° 130 du 7 avril 2005 conformément à la loi régissant les partis politiques.

J'ai entrepris, en 2000, un grand chantier de réflexion qui devait baliser l'action de l'UNIR MN et éclairer les partenaires du Congo et les observateurs sur les choix politiques sur lesquels reposent mon engagement. Cette entreprise a abouti en 2001 à la publication de notre projet de société dans un premier ouvrage intitulé  « Congo Zaïre - Refaire la République. Mission sacrée d'une génération ». En 2002 conscient des réels enjeux géopolitiques et humanitaires à venir, j'ai pris soin de soumettre aux plus hautes instances internationales, à l'instar de l'OTAN, de l'Union européenne, du Secrétaire général des Nations Unies et des chancelleries européennes et africaines un « plan d'action » pour sortir de la crise des Grands lacs dans un document intitulé  « Agenda 2002 pour le rétablissement et le maintien de la paix dans la région des Grands lacs, la restauration de l'intégrité territoriale et le rétablissement de la République au Congo Zaïre ». Ce document a été publié dans un seconde ouvrage intitulé  « Congo Zaïre notre cause : le message et les ambitions d'une juste cause »

Dans l'ouvrage que je vous présente sous cette rubrique  « Au nom du Congo Zaïre  » , j'ai annoncé à la nation congolaise et à la communauté internationale que je ne serais pas candidat à l'élection présidentielle non pas que je ne voulais pas l'être mais parce que le contexte m'interdit comme à beaucoup d'autres Congolais et à tous les Congolais résidants à l'étranger d'y prendre part. Je n'ai donc pas été candidat à cette élection malgré le souhait de certains de mes amis et de certains des sympathisants de notre mouvement, et je mesure le poids de leur déception. Mais j'estime que les conditions politiques de ma candidature et celles d'un scrutin démocratique, transparent, sécurisé et avec perspectives pour l'avenir du pays n'ont pas été réunies. Je ne me sentais pas de goût pour ce genre de combat sans horizon pour le Congo. Ce n'était donc pas un combat pour moi. De plus je n'ai jamais su, je ne saurai jamais flatter les électeurs. Est-il possible au Congo « démocratique »  de gagner une élection sans caresser l'électorat dans le sens du poil ? Je ne sacrifierai jamais mes convictions politiques pour être dans l'air du temps. Ma décision a été réfléchie et je la crois responsable.

Toutefois, dans une interview que j'ai fait avec monsieur KWEBE KIMPELE, j'ai mis l'opposition politique congolaise en garde. J'y invitais mes compatriotes à  ne pas se précipiter de manière inconsidérée dans des élections sans perspectives. Qu'ils prennent le temps de la réflexion approfondie parce que c'est maintenant que nous devons combattre l'absurde pour faire réapparaître l'Etat congolais.

Et ce que j'avais annoncé se réalisa. Ceux qui avaient choisi dans la précipitation inconsidérée, la voie des urnes se sont retrouvés dans la tourmente laquelle, pourtant, fut prévisible à ceux qui observent le courant géopolitique dans lequel baigne notre pays.

J'ai ressenti le résultat de cette élection présidentielle de 2011 comme un tourbillon, une tornade qui soulève et emporte tout dans la déflagration eschatologique. Pour la première fois je me suis senti submerger par une poignante inquiétude : le Congo Zaïre survivra-t-il après cette élection présidentielle ? A chaque jour qui passe, je ressens croître en moi le besoin de l'aide de Dieu pour résister au projet malveillant de ceux qui projettent la balkanisation du Congo Zaïre et sauver mon pays. Je lui demande tout simplement, de me donner la sérénité d'accepter ce que je ne puis changer, le courage de changer ce que je peux et la sagesse d'en connaître la différence.

Nous sommes, certes, écrasés par la douleur de million de morts de nos compatriotes depuis le déclenchement de la crise des grands lacs. Nous sommes, certes, écrasés par le poids de l'humiliation infligée à notre pays. Mais, grâce à la ténacité et à l'énergie du désespoir nous n'avons pas renoncé au combat pour la survie de notre pays. Je crois que ce traumatisme de l'humiliation est maintenant bien digéré et c'est animé par un sentiment volontaire, une envie de réagir, de faire taire les railleries, de relever la tête que nous devons entamer cette nouvelle phase politique dans notre pays. Il faut combattre cette fragilité psychologique et ce manque de confiance pour répartir de l'avant. Nous devons renouveler cette croyance fondamentale héritée des pères de l'indépendance nationale et qui remonte au 4 janvier 1959 et sacralisée le 30 juin 1960 qu'au Congo notre destin n'est pas écrit pour nous, mais par nous.

Ce n'est donc pas le moment de céder à la peur et à la panique, c'est le moment de montrer de la détermination et des capacités à rassembler pour rétablir la confiance dans la nation congolaise. Je pense que ce n'est pas par les discours, mais dans l'engagement que doit s'accomplir l'acte solennel d'une manifestation de volonté par laquelle les congolais doivent exprimés leur décision de refonder, pour l'avenir, un Etat congolais et d'élever, de nouveau, la République au Congo Zaïre à la hauteur d'un symbole.

Et si donc, par impossible, aujourd'hui surgissait une équipe des patriotes, soucieuse de dignité pour le Congo Zaïre et de justice pour les congolais, qui travaille à  rendre à  notre pays la sécurité dans l'honneur et la prospérité dans la justice, sans supprimer nos libertés fondamentales au nom d'un mystique despotisme éclairé et providentiel, elle aurait bien mérité de la patrie.

C'est donc au nom du Congo Zaïre, et de son peuple, et de tous ses morts que maintenant nous devons combattre l'absurde pour faire réapparaître l'Etat congolais. L'Etat légitime, parce qu'il doit reposer sur l'intérêt et le sentiment de la nation congolaise ; l'Etat dont la souveraineté réelle est transportée ailleurs, par cette arnaque politique d'outre-tombe qualifiée d'Accord global inclusif, tandis que la servitude nationale n'en conserve que l'apparence; l'Etat sauvegardé dans ses droits, sa dignité, son autorité, au milieu des vicissitudes, du dénuement et de l'intrigue politique; l'Etat préservé des ingérences de l'étranger et capable de traiter d'égal à  égal avec les autres nations «civilisées »; l'Etat capable de rétablir autour de lui l'unité nationale et la cohésion sociale, de préserver l'ordre public, de faire rendre la justice et de commencer sa reconstruction dans une sous région d'Afrique centrale et des grands lacs réconciliée, pacifiée, stabilisée et prospère.

C'est pour réussir cette mission sacrée de salut public et de la refondation nationale que j'appelle toutes les forces vives de la Nation à s'inscrire dans une démarche de rigueur et de construction en profondeur. Il est impérieux pour la réussite de notre action de nous rassembler au delà de nos frontières idéologiques, au delà de nos clivages politiques traditionnels, de constituer un noyau cohérent, vigoureux, qui ne s'use pas dans les vaines querelles politiciennes, d'accepter les sacrifices car, il s'agit du sort existentiel du Congo, de l'existence ou de la fin de la nation congolaise. C'est la lutte du Congo pour son maintien, de la nation congolaise pour être ou ne plus être, pour sa liberté et son avenir.

Que la Providence protège le Congo Zaïre et lui rende sa grandeur.

Frédéric Boyenga Bofala

  

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1 Voir Frédéric Boyenga Bofala : CONGO ZAIRE NOTRE CAUSE, Paris, Publisud, 2003, pp. 60-78.