Frédéric Boyenga-Bofala
Programme Économique Et Social D'urgence

CHAPITRE 3

Un Programme Economique et Social d'Urgence pour la Population du CONGO ZAIRE (P.E.S.UR)

 

La reconstruction de notre pays ne doit pas faire l'objet d'expérimentations hasardeuses ou d'improvisations stériles. Il faut une véritable doctrine d'action à l'appui d'un projet de société viable. En effet, Comment reconstruire un Congo Zaïre économiquement en situation de faillite ? Et comment financer cette reconstruction ? Comment permettre à  toute la population d'accéder à l'eau potable, à l'électricité, au transport, au logement, et aux soins de santé alors que les services publics et les entreprises publiques gestionnaires sont en situation de quasi faillite et que les infrastructures sont dégradées ou inexistantes ? Comment combattre le chômage et garantir l'emploi dans ce paysage de ruines et de désastres ? Etre aujourd'hui rangé dans la catégorie des pays les moins avancés est un crève-cœur pour un Congo Zaïre qui, pourtant, disposait des meilleurs atouts pour gagner le combat du développement. Les dures réalités de l'existence auxquelles sont confrontées les populations du Congo Zaïre nous obligent à prendre de rapides résolutions.

Le changement que je propose est fondé non pas sur l'illusion, mais sur la force de la volonté politique, sur la confiance dans notre pays et dans l'ardeur des Congolaises et des Congolais. Redresser notre pays, lui faire prendre un nouveau départ, c'est faire des choix politiques clairs et responsables. Nous devons tirer pleinement les leçons du passé, pour provoquer les infléchissements de politique économique qui sont nécessaires et aujourd'hui possibles. Cela suppose de l'ambition, mais aussi du courage. De l'ambition, car la situation du Congo Zaïre est telle que répondre aux défis qui nous attendent exige de rompre avec bien des conformismes, de s'engager dans de nouvelles voies, d'y consacrer les efforts nécessaires. Du courage aussi, parce que l'on ne peut se contenter de promettre tout à tout le monde. Il va falloir faire des choix, définir des priorités et veiller à dire comment l'on entend tenir ses engagements devant la nation.

L'erreur capitale que les responsables politiques congolais aient commise, était de croire qu'il était possible, par l'émancipation démocratique électoraliste primaire sans perspectives, de prévenir ou d'escamoter la prise de conscience populaire sur la réalité profonde de la crise politique, économique et sociale grave que traverse le Congo depuis au moins deux décennies. Certes, l'émancipation politique était inévitable, qu'il fallait habituer le peuple à l'exercice du suffrage, mais ils ont oubliés que tout cela était dangereux si, en même temps, on n'assurait pas au peuple et au pays une infrastructure sociale et économique indispensable au progrès social. Le progrès social, l'élévation du standard de vie des populations, des travailleurs n'étaient pas l'objet de leur action. Il y a des élections mais pas de progrès social. Les responsables politiques congolais ont entièrement perdu de vue que dans un pays en reconstruction la non satisfaction de besoins élémentaires peut favoriser une prise de conscience de façon irrésistible et entraîner la rupture du pacte politique avec la population.

Le Congo Zaïre dont je rêve est une nation qui ne laissera tomber personne, un Congo qui est comme une famille, où le plus vulnérable, le plus fragile a droit à  autant d'amour, autant de respect, autant d'attention que le plus fort. Et manifester la solidarité que nous devons aux exclus et aux laissés pour compte, tout particulièrement lorsqu'il s'agit d'enfants ou de familles démunies, s'attaquer ainsi à la misère et à l'exclusion ne signifie ni mettre en avant l'assistanat, ni tenir un discours moralisateur.

Nous devons réfléchir à la mise en œuvre d'un programme économique et social d'urgence pour la population congolaise. Nous allons tout mettre en œuvre pour qu'à côté de l'efficacité économique, qui sera l'une de nos priorités, cette solidarité réelle, effective, qui ne doit pas être seulement dans les discours, mais dans les actes, soit mise en œuvre.

Depuis 1990, aucun programme économique et social concret initié en faveur de la population congolaise n'a réussi à soulager sa misère.

Même si quelques initiatives ont été prises, le manque de volonté politique et la corruption au sommet de l'Etat n'ont jamais fait bénéficier à la population les résultats concrets de ces timides tentatives.

Si entre 1990 et 1997, le régime déjà chancelant du feu Président Mobutu ne gérait pas le Pays, le nouveau régime ayant promis monts et merveilles à la population dès son arrivée en mai 1997 a fait pire que le premier en plus de dix ans de pouvoir et de gestion calamiteuse du Pays avec le rêve communiste pour le feu Président KABILA et l'incompétence doublée de la corruption généralisée pour le gouvernement actuel, laissant ainsi la population à son triste sort.

Aujourd'hui, sur le plan économique, une très forte récession économique est installée au niveau du marché des biens et services de consommation de première nécessité. Dans ces conditions, seules les entreprises soutenues par des responsables fortement impliqués dans la corruption, dominent le marché au détriment de plus petits investisseurs soucieux du sort de la population.

En cas de changement de régime, il est clair que l'urgence pour ce peuple qui croupie dans la misère va au-delà du simple changement d'hommes au sommet de l'Etat, pour réclamer plutôt un changement de leur conditions de vie.

Le renversement de ce régime irresponsable au Congo est la meilleure chose qu'on peut offrir au peuple congolais aujourd'hui, mais ne pas apporter des SOLUTIONS IMMEDIATES et URGENTES aux graves problèmes économiques et sociaux que vivent ces populations au quotidien serait la pire des choses qu'elles redoutent, ouvrant ipso facto la voie à l'échec et à la méfiance à ce changement voulu et souhaité de tout leur cœur.

A l'arrivée de l'UNIR MN au pouvoir, deux solutions possibles sont envisageables pour résoudre impérativement ce problème, l'une à moyen et long terme, et l'autre à court si pas à très court terme.

A MOYEN ET LONG TERME, il s'agira de la reconstruction du pays et de la réhabilitation des infrastructures de base et de production à travers tout le pays. Cette préoccupation fera l'objet de toute la réforme économique, sociale et administrative que l'UNIR MN a prévue de mettre en place dans le cadre de son programme gouvernemental et la mise en place d'un méga ministère chargé de l'IDENTIFICATION EXHAUSTIVE ET DU RECOUVREMENT DE TOUTES LES RESSOURCES ET CREANCES DE L'ETAT ET LEUR AFFECTATION RATIONNELLE AUX BESOINS FONDAMENTAUX DU PAYS ET DE LA POPULATION.

A COURT TERME, l'approvisionnement du Pays en biens et services de première nécessité et la revalorisation du pouvoir d'achat de la population afin d'accroître la consommation interne sera la priorité des priorités en tant que réponse concrète à la préoccupation principale de la population c'est-à-dire se nourrir, se vêtir, se loger, se soigner en cas de maladies et scolariser dignement ses enfants…

Ce programme à court terme n'est pas dissociable du programme général du gouvernement. Il y sera parfaitement intégré à travers UN MINISTERE DELEGUE auprès du MINISTERE CHARGE DE L'IDENTIFICATION ET DU RECOUVREMENT DES RESSOURCES ET DES CREANCES ET LEURS AFFECTATIONS.

Dans le cadre de ce travail, c'est donc ce programme à court terme qui fait l'objet de ma préoccupation.

Bien que le nouveau gouvernement doive assurer le fonctionnement et la continuité des services publiques et des institutions républicaines moyennant certaines réformes et changements, il faut une réponse spécifique et adaptée à la survie et à l'intégrité de la personne.

La mise sur pieds de cette structure spécifique et souple pour répondre aux besoins quotidiens d'approvisionnement et de distribution des biens de consommation de premières nécessités (besoins primaires) constitue donc la priorité des priorités pour ce gouvernement.

Mais sans changement au niveau du pouvoir d'achat de la population, le niveau de consommation resterait inchangé tout comme le niveau de vie. Il faut donc prévoir des mécanismes susceptibles d'accroître soit le niveau de l'offre de ces biens et services, soit le niveau de la demande de ces biens, soit les deux à la fois pour que le changement soit une réalité perceptible et mesurable, surtout au niveau de la couche la plus démunie de la population.

En effet, si l'offre de ces biens et services s'accroît, il y aura plus de biens et services sur le marché et les prix auront tendance à baisser sur une longue période, donnant ainsi accès à la majorité de la population, même les plus démunies, d'acheter ces biens et services.

De même, si le revenu de la population augmente, une majorité de celle-ci va accéder au marché, ce qui poussera les opérateurs économiques à importer d'avantage pour inonder le marché et en définitive, à la baisse relative des prix et donc à une grande consommation par la majorité de la population.

Dans un environnement de crise comme celui que traverse le Congo aujourd'hui, le maintien d'un niveau élevé de revenu à la population ne passe pas nécessairement par une augmentation des salaires. Il peut, d'une manière concrète et pratique, se faire à travers la REGULARITE DE LA PAIE DES FONCTIONNAIRES ET DES SALAIRES à travers tout le Pays.

Sur le plan social, la santé et l'éducation seront prioritaires dans ce programme.

En effet, avec son revenu réel et permanent revalorisé, la population doit avoir libre accès aux soins de santé primaire et à l'instruction de ses enfants dans des écoles organisées qui assurent l'éducation de base.

En fait, pendant cette période de transition administrative et institutionnelle, l'objectif de ce programme doit être la gratuité de l'éducation obligatoire et le libre accès aux soins de santé primaire pour tout le monde sans discrimination.

Pour moi, tout cela n'est possible que dans le cadre d'un programme d'actions prioritaires du gouvernement dénommé  «PROGRAMME ECONOMIQUE ET SOCIAL D'URGENCE » pour le Congo Zaïre, P.E.S.UR en sigle.

Pour rappel, ce programme, qui sera mis en place par l'UNIR MN dès son arrivée, sera piloté par un Ministère Délégué auprès du Ministère de l'Identification et de Recouvrement des Ressources et des Créances de l'Etat pour leur affectation concrète et effective aux besoins fondamentaux et urgents de la population.

I. SON FINANCEMENT

Pendant une période de transition et de stabilisation économique et social allant de trois à cinq ans, ce programme sera alimenté par deux sources de financement, à savoir, LES FINANCEMENTS PROPRES ou l'AUTOFINANCEMENT et LES FINANCEMENTS EXTERNES qui intègrent les DONS et L'ENDETTEMENT EXTERIEURS.

I.1. L'AUTOFINANCEMENT

Afin de garantir la souveraineté du nouveau régime d'une part et de rétablir sa crédibilité extérieur du pays d'autre part, je préconise l'autofinancement comme source principale de financement de ce programme.

En fait, c'est le principe de vases communiquants qui justifie ce programme dans ce sens que toute chose restant égale par ailleurs, les revenus de l'Etat ne changent pas instantanément. Toutefois, en gardant le même niveau de revenus ou même en disposant d'un niveau inférieur de revenus, on peut arriver à un niveau de satisfaction général supérieur et plus grand si et seulement si ces revenus sont affectés d'une façon plus rationnelle et responsable entre les différents centres d'intérêts et besoins fondamentaux du pays et de la population.

Plus concrètement, avec le même niveau de revenu, on peut mieux répondre aux attentes de la population en réduisant la part des dépenses de luxes pour les affecter à l'approvisionnement du pays en biens et services de première nécessité pour la population comme les denrées alimentaires et les arriérés des salaires des fonctionnaires par exemple…

Etant donné que la principale source des revenus de l'Etat vient des impôts et taxes et que volontairement ou avec la complicité de bon nombres de responsables au sommet de l'Etat, beaucoup d'opérateurs économiques ne s'acquittent pas correctement de leurs obligations ou sous évaluent ces dernières, c'est à travers ces mêmes mécanismes que je compte réhabiliter l'Etat dans ses droits et en même temps rendre justice à la population qui croupi depuis plusieurs années dans la misère et la pauvreté suite à ces comportements inciviques et à la corruption généralisée au sommet de l'Etat.

Plusieurs pistes de solutions possibles ont été retenues notamment le recouvrement forcé des arriérés des impôts et taxes; l'exonération d'office à l'importation des produits alimentaires; le nivellement des impôts et taxes à l'importation; le rabattement fiscal sur la production locale et la distribution des produits agricoles et alimentaires; la réquisition fiscale d'office et enfin l'impôt spécial de solidarité nationale.

 1° LE RECOUVREMENT FORCE DES ARRIERES DES IMPÔTS ET TAXES

Par ce mécanisme, le PESUR usera de toutes les prérogatives lui concédées par la loi pour recouvrir par tous les moyens les revenus d'impôts et taxes échus non acquittés par les contribuables véreux afin de financer l'approvisionnement du pays en denrées de première nécessité et inonder le marché.

Sachant que l'évasion et la fraude fiscale avoisinent 70% des prévisions budgétaires souvent sous estimées à  dessein, j'espère mobiliser par ce moyen des sommes importantes au profit du PESUR lors de ces recouvrements et redressements fiscaux portant sur des périodes plus ou moins longues selon les cas.

2° L'EXONERATION D'OFFICE A L'IMPORTATION

Afin d'accroître l'importation des produits alimentaires ainsi que celle des biens et services susceptibles d'améliorer leur offre sur le marché, toute importation de ces biens et services, clairement répertoriés et identifiés par les services compétents du PESUR sera exonérée d'office des impôts et taxes les frappant.

Toutefois, pour ne pas tomber dans les erreurs du passé, des dispositions particulières et pratiques seront mises en place afin d'éviter les abus et le manque à gagner pour l'Etat et pour le PESUR à travers un mécanisme de COMPENSATION FINANCIERE ou MATERIELLE au profit de l'Etat qui rétrocède directement à PESUR le produit de cette opération pour affectation.

Ainsi, l'entreprise importatrice des produits alimentaires bénéficiaires de cet avantage céderait à l'Etat (et donc à  PESUR) une quantité de marchandises équivalente au montant de cette exonération tandis que PESUR lui paierait ces marchandises en TITRES SERVICES ou CHEQUES FINANCIERS valant espèces au profit de la police ou de l'armée ou d'autres corps des services publics.

Cette procédure a l'avantage de transformer l'exonération à l'importation des denrées et produits alimentaires en une opération commerciale et financière concrète entre l'opérateur bénéficiaire de mesure d'exonération et l'Etat consommateur (acheteur) pour ses différents services.

3° LE NIVELLEMENT DES IMPÔTS ET TAXES A L'IMPORTATION

Contrairement aux autres opérations, ce mécanisme frappe l'importation des produits non alimentaires et/ou de luxes selon le cas.

Tout en maintenant le niveau ou le taux d'imposition et de taxation élevé, un nivellement de ce dernier ou même une répartition de 50% sera opérée entre les services de l'Etat compétents pour percevoir ces impôts et taxes et le PESUR afin de doter ce dernier de ses moyens d'action d'une part mais aussi de matérialiser la volonté du gouvernement (de l'UNIR MN) d'accorder une priorité aux besoins fondamentaux et primaires de la population tant dans le domaine des produits alimentaires que de la santé et de l'éducation.

Toutefois, si le produit assujetti à l'impôt et taxe est du domaine de la santé ou de l'éducation, il y a lieu d'appliquer le même principe de TITRES-SERVICES appelés ici CHEQUES SANTE ou CHEQUES EDUCATION pour permettre à l'opérateur concerné de s'acquitter de ses obligations par une mise à disposition à l'Etat ou au PESUR d'une quantité donnée de ces biens ou services contre ces TITRES ou CHEQUES.

 4° LE RABATTEMENT FISCAL SUR LA PRODUCTION ET LA DISTRIBUTION DES PRODUITS ALIMENTAIRES ET AGRICOLES

Cette disposition vise particulièrement les industries et exploitations agricoles établies sur toute l'étendue du territoire national.

En effet, la création ou la mise sur pieds du PESUR est une réponse à un problème national ( la pauvreté et la misère ) qui touche plus de 90% de la couche de la population du pays.

C'est pourquoi, toute unité de production, agricole ou industrielle, établie sur le territoire national, devra, dans le cadre de cet effort de solidarité, rétrocéder une partie de ses obligations fiscales au profit de l'Etat-consommateur via le PESUR pour contribuer tant soit peu à l'éradication de la pauvreté et de la misère de la population.

Tout en maintenant le même niveau d'imposition et de taxation, une partie de cette taxe ou de cet impôt prélevé, soit 50%, sera versée à PESUR contre TITRES ou CHEQUES AGRICOLES ou INDUSTRIELS en espèces ou en natures selon le cas ou le besoin ( appréciation au niveau du PESUR ).

 5° LA REQUISITION FISCALE D'OFFICE

Compte tenu de la spécificité, de la nature ou de la situation géographique de certaines unités de production ou de personnes assujetties à l'impôt et taxes diverses, l'Etat pourra décider de la réquisition de la totalité ou d'une partie du montant de leur imposition au profit du PESUR selon le cas.

C'est dans ce cadre que sur le plan géographique, certaines entités régionales pourront directement et localement bénéficier des impôts et taxes destinés à l'Administration centrale d'impôts ( Administration Nationale ).

Cette procédure aura l'avantage de réduire au maximum le délai de paiement de l'impôt et des taxes et de rendre ainsi le produit ou le bien directement disponible sur le marché local sans intermédiaires et aux meilleurs prix au profit de la population locale.

Dans le même ordre d'idée, l'Etat pourra également instaurer souverainement de nouvelles taxes ou impôts en cas nécessité pour matérialiser l'esprit de la solidarité nationale ou d'équité et de justice sociale.

Sur le plan pratique, l'utilisation des TITRES OU CHEQUES FISCAUX permettra et facilitera la régularisation de ces opérations entre l'Etat ( le PESUR ) et les opérateurs économiques concernés.

Pour conclure ce chapitre et comme on peut s'en rendre compte, dans le cadre de l'AUTOFINANCEMENT du PESUR, cinq sources de financement ont été retenues et seront utilisés rationnellement pour approvisionner suffisamment le pays et le marché des biens et services de premières nécessités dans les secteurs alimentaires, de la santé et de l'éducation.

Dans cette démarche, l'objectif principal pour l'Etat est de réduire la pauvreté et d'augmenter le pouvoir d'achat de la population fortement appauvrie par l'injustice et la corruption en recourant d'abord aux moyens propres avant de recourir aux moyens extérieurs pour renforcer cette démarche.

En définitive, en agissant ainsi sur l'offre des biens et services qui se voit accroître naturellement, le pouvoir d'achat de la population est renforcé sans endettement extérieur grâce à  cette mobilisation de ressources nationales propres à  l'échelle nationale car comme on le sait, tout accroissement de l'offre nationale, toute chose restant égale par ailleurs, a un effet bénéfique sur les prix c'est-à-dire leur diminution et une amélioration du pouvoir d'achat de la population qui s'ensuit.

 I.2. LE FINANCEMENT EXTERIEUR

Bien que l'AUTOFINANCEMENT soit la principale source de financement du PESUR, il sera insuffisant pour permettre au Gouvernement de réaliser ses ambitions en matière d'autosuffisance en besoins fondamentaux de la population vu l'état de délabrement sans précédent du tissu économique du pays.

Pour pallier à  cette insuffisance, il faudra recourir aux financements extérieurs notamment LES DONS et l'ENDETTEMENT EXTERIEUR.

 1° LES DONS EXTERIEURS

Afin d'inonder le marché en produits alimentaires de première nécessité, le Gouvernement pourra adresser aux pays amis et aux institutions et organismes internationaux des demandes spontanées ou ciblées de DONS en nature ou en matériel.

Ces Dons, préalablement sélectionnés selon les besoins de la population, seront collectés, gérés et affectés par le PESUR d'une manière équitable à travers toutes les provinces du pays selon leurs besoins ou leurs affectations.

Au niveau bilatéral, les Dons proviendront de tous les pays ayant exprimés le désir d'aider et de soutenir un pays ami à sa demande ou non selon leurs disponibilité et spécialisation dans les domaines alimentaires, de santé c'est-à-dire des produits pharmaceutiques et en matériels d'équipements et de soins de santé.

L'objectif ici est de garantir les soins de santé primaire à toute la population sans distinction de tribus, d'ethnies ou de provinces…

Dans le domaine scolaire, il s'agira de promouvoir l'éducation et l'instruction obligatoires pour tous à travers les fournitures scolaires de base et les soutiens logistiques et financiers de tous les intervenants dans ce secteur.

Ainsi, chaque enfant peut avoir la garantie du libre accès à l'éducation de base et un soutien à l'instruction obligatoire tant au niveau primaire, secondaire que professionnel.

 2° L'ENDETTEMENT EXTERIEUR INTELLIGENT

N'ayant pas encore la maîtrise de tous les paramètres de l'endettement extérieur du pays après une longue période de gabegies financières et de laxisme au sommet de l'Etat, l'UNIR MN se réserve le droit de négocier toutes les composantes de la dette extérieure du pays avant de prendre de nouveaux engagements sérieux.

Toutefois, étant donné qu'au moins 80% ( plus ou moins 10 milliards de dollars américains ) de la dette totale du pays est constituée des arriérés et des services de la dette, il y a lieu de négocier et d'obtenir provisoirement ou à  titre intérimaire des facilités de trésorerie imputables aux résolutions des futures négociations entre le Gouvernement et les différents bailleurs des fonds et les institutions internationales concernées.

Comme on peut le deviner, pareille démarche a pour objectif :

La remise d'une partie importante de la dette publique du pays;
La suppression d'une partie importante de la dette totale (presque 90%) et de certaines charges ou intérêts;
La baisse des taux d'intérêts sur la dette résiduelle;
L'exonération de certaines taxes et charges liées à la dette totale de l'Etat…

  
II. LES MESURES D'ACCOMPAGNEMENT

Pour arriver à  un résultat concret au profit de la population qui est la cible principale de toutes ces préoccupations, il ne suffira pas d'avoir de bonnes intentions, mais il faudra au-delà  de ces dispositions la détermination pour éradiquer un problème majeur qui handicape le vrai développement du Pays et de la population, à  savoir la pauvreté.

C'est pourquoi avec l'UNIR MN j'ai pris toutes les dispositions nécessaires pour entourer ce programme des mesures d'accompagnement qui garantissent sa bonne mise en oeuvre et sanctionnent tous manquements ou entraves à  sa bonne exécution avec la dernière énergie.

Trois mesures sont prévues à ce titre à savoir une bonne réforme monétaire, une justice indépendante au service de la population et la sécurité des personnes et des biens.

 I. LA REFORME MONETAIRE

Nous avions déjà prévue que pour garantir un niveau élevé du pouvoir d'achat de la population et un niveau bas et raisonnable des prix des biens et services, il faudra, dans un premier temps, maintenir le même niveau de salaire tout en assurant leur régularité.

L'objectif de cette démarche est d'éviter l'inflation de la monnaie dès le départ car elle ne produirait que l'effet contraire du résultat attendu c'est-à-dire la baisse du pouvoir d'achat.

C'est pourquoi des mesures plus rigoureuses et durables sont prévues dans le cadre d'une réforme approfondie de la monnaie nationale qui inclut la réforme et la gestion de toutes les ressources du pays comme les mines, l'agriculture, la forêt et l'eau d'une façon durable et la maîtrise des exportations et des importations.

 II. UNE JUSTICE OPERATIONNELLE

Dans la recherche de l'équité et de la volonté d'assurer une gestion rigoureuse des richesses et des ressources du pays ainsi que leur répartition équitable entre toutes les couches de la population, il faut un système judiciaire opérationnelle qui réprime et sanctionne sévèrement tout manquement à la loi et surtout une justice qui traque les auteurs des détournements des biens et ressources de l'Etat et la corruption à tous les niveaux.

Pendant cette période, je vais instaurer et encourager les jugements en référé afin que les auteurs des infractions soient jugés et sanctionnés dans les meilleurs délais. 

III. LA SECURITE DES PERSONNES ET DES BIENS

Notre objectif est d'assurer la libre circulation des personnes et des biens pendant cette période et d'une façon durable.

En effet, si la sécurité n'est pas garantie, cette libre circulation ne sera pas assurée alors que les investissements tant nationaux qu'étrangers attendus pendant cette période comme les dons reçus de l'Etrangers ont besoin d'être sécurisés.

Rien ne peut discréditer un pays et faire fuir les investissements étrangers plus que l'insécurité.

Notons qu'actuellement, notre pays est classé parmi les pays les plus dangereux du monde en matière de sécurité des investissements. C'est pourquoi il faut combattre cette situation avec la dernière énergie afin que l'environnement économique et social soit favorable à la prospérité de tout investissement.

LE FONCTIONNEMENT DU P.E.S.UR

Constant dans ma vision de la gestion du pays demain, je tiens à rappeler que je prône  « L'ECONOMIE SOCIALE DU MARCHE » ou  « LE LIBERALISME SOCIAL » comme système économique.

Concrètement, je soutiens la libre interaction entre les forces du marché dans le strict respect et au bénéfice de l'homme.

A ce titre, le PESUR sera donc un Organe ou un Organisme mis en place par l'Etat pour permettre au marché de jouir pleinement de ses lois de libre arbitre mais en vue de rétablir l'équilibre rompu par l'injustice et la corruption qui se sont fortement infiltrées à tous les niveaux des pouvoirs publics au détriment de la population qui a atteint un niveau de pauvreté sans précédent par rapport aux Etats voisins et au niveau mondial où le Congo Zaïre occupe presque la dernière place.

Le PESUR a donc l'ambition de réunir les moyens nécessaires à mettre à la disposition des Opérateurs économiques CREDIBLES, honnêtes, soucieux du sort de la population et respectueux des lois de la République pour permettre à l'Etat de jouer son rôle de garant de la justice et de la bonne répartition des richesses du pays entre toutes les couches de la population selon les lois du marché.

Sur le plan administratif, le PESUR sera administré par les Représentants des Ministères et de toutes les forces vives de la Nation.

Ainsi, pourront s'y retrouver les représentants des Ministères de l'économie, du budget, de la santé de l'éducation nationale, des affaires sociales et famille, de l'administration du territoire, de la sécurité et des grandes institutions du pays.