Frédéric Boyenga-Bofala
L'Organisation De Sécurité et De Défense Mutuelle (OSDM)

Chapitre 3

La mise en place de l'Organisation de Sécurité et de Défense Mutuelle (OSDM)

La contribution qu'une organisation confédérale de sécurité et de défense peut apporter à la civilisation sous régionale est indispensable au maintien des relations pacifiques dans notre espace géographique commun. L'heure n'a jamais été plus propice ni plus pressante pour l'inauguration d'une œuvre constructive dans notre Région. C'est pourquoi je préconise la création d'une Organisation régionale avec l'ambition de reconstituer la grande famille des Grands-lacs, de l'Afrique centrale et du Soudan du Sud, et de lui fournir une structure qui lui permette de vivre et de croître en paix, en sécurité et en liberté.

Je suis convaincu que la stabilisation et la pacification complètes de la Région ne se feront pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble, mais par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait. C'est la raison pour laquelle la création d'une Organisation de Sécurité et de Défense Mutuelle (OSDM) réunissant les Etats de la Région des Grands lacs et de l'Afrique centrale constitue non seulement une réponse aux conflits qui continuent de ruiner nos pays, mais surtout une véritable et première tentative d'organisation de sécurité et de défense collective régionale.

L'OSDM sera créée sur la base du Chapitre VIII et, plus particulièrement, de l'article 52,  § 1 de la Charte des Nations Unies. Les actions prévues dans le cadre de l'OSDM seront fondées sur le droit naturel de légitime défense collective, prévu à l'article 51 de la Charte de Nations Unies. La solidarité qui sera nouée en matière de sécurité et de défense manifestera que toute guerre entre les Etats de la Région devient non seulement impensable, mais matériellement impossible.

En définitive, l'organigramme institutionnel que je propose est le suivant :

1. Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement (organe d'impulsion)
2. Conseil des ministres des Affaires étrangères et de la Défense
3. Conseil des ministres des Affaires intérieures et de la Sécurité
4. Assemblée interparlementaire sur les Affaires étrangères, la Défense et la Sécurité
5. Comité d'état-major des armées
6. un Secrétariat permanent. Au début, le service du secrétariat pourrait être confié au Gouvernement chargé, par roulement, de la présidence de l'Organisation.

Le rôle opérationnel de l'OSDM sera renforcé en examinant et en déterminant les missions, structures et moyens appropriés, couvrant en particulier :
Une cellule opérationnelle de planification de l'OSDM;
Une coopération militaire plus étroite, notamment dans le domaine de la logistique, du transport, de la formation et de la surveillance stratégique;
Des rencontres des chefs d'état-major de l'OSDM;
Des unités militaires de l'OSDM;

L'organisation de réunions de hauts fonctionnaires et d'experts afin de procéder à des échanges de vues et d'informations sur des questions relatives à la politique de sécurité, sur la stratégie et les doctrines militaires et sur d'autres sujets d'actualité concernant la sécurité, comme les échanges d'expériences sur les questions liées à la maîtrise interne de la sécurité.

D'autres propositions seront étudiées plus avant, notamment:
- une coopération renforcée en matière d'armement, en vue de créer une agence des armements;
- création d'un centre sous régional de recherche et d'application sur les systèmes de défense;
- la création d'une académie militaire, de sécurité et de défense.

Les mesures visant à renforcer le rôle opérationnel de l'OSDM seront pleinement compatibles avec les dispositions militaires nécessaires pour assurer la défense collective de tous les Etats de notre espace régional. Nous nous appliquerons en particulier à donner à l'OSDM des moyens efficaces pour la prévention des conflits, la gestion des crises et le règlement pacifique des différends, par des mesures appropriées, comme la création d'un mécanisme de consultation d'urgence convenablement structuré et la création du Centre de prévention des conflits. Nous voulons mettre en place, pour la nouvelle Région des Grands lacs et de l'Afrique centrale, une architecture qui prenne fermement appui sur les principes et les dispositions de la Charte des Nations Unies. Sur cette base, nous sommes résolus à faire en sorte que l'Organisation qui sera constituée contribue pleinement à l'instauration d'un état de paix et de sécurité stable et durable dans tous les pays de l'espace régional des Grands lacs, de l'Afrique centrale et au Soudan du Sud.