Frédéric Boyenga-Bofala
De la fin de la crise des Grands Lacs

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La mise en place du Siège permanent de la Mission des Nations Unies pour la région des Grands Lacs

A l'issue de cette crise nous estimons qu'une présence permanente de l'ONU dans la sous-région constitue un gage de prévention de toute crise qui peut subvenir dans cette région potentiellement instable. Aussi nous invitons le Conseil de sécurité à  nommer, sur la base de cette résolution, un Ambassadeur, Représentant permanent à  la tête du Siège permanent de l'Organisation des Nations Unies pour la région des Grands Lacs

Ce Siège permanent sera l'oeil et l'oreille de l'ONU en Afrique des Grands Lacs et orientale. Ce Siège permanent rendra régulièrement compte au Secrétaire général de l'ONU des évolutions de la situation sur le terrain et proposera des recommandations utiles à  la stabilité de la sous-région.

En effet, après une phase de mobilisation des énergies et d'action pour régler définitivement la crise des Grands Lacs, rétablir et préserver la paix, pacifier l'Est de la RDC, nous devons entrer dans une phase de stabilisation, de consolidation et de reconstruction de la région des Grands Lacs

Le dernier volet de cette stratégie sera un retrait raisonné des forces de combat de la Mission des Nations Unies pour les Grands Lacs. Je pense que le retrait total et dans la précipitation inconsidérée des forces onusiennes peut engendrer d'autres drames. Nous devons fixer un programme de prévision, dans le cadre duquel seraient coordonnés les différents aspects de chaque phase du retrait. Je me suis clairement exprimé en faveur d'un calendrier de cinq ans pour l'arrêt total de cette crise, et le repli s'effectuera à  l'intérieur de ce délai. Après le retrait de ses troupes, la Mission des Nations Unies n'aura plus une mission de combat mais une mission de soutien à  l'égard des gouvernements congolais, rwandais et ougandais pour parfaire leur entente. Au fur et à  mesure du retrait de ses troupes de combat, la Mission des Nations Unies entamera la deuxième partie de  sa stratégie : une diplomatie durable au nom d'une région des Grands Lacs pacifiée et prospère. Mais la Mission maintiendra des effectifs de transition pour remplir trois (3) rôles différents;

  1. Fournir un entraînement, du matériel et des conseils aux forces de sécurité congolaises. La Mission des Nations Unies pour les Grands Lacs mettra l'accent sur l'entraînement et l'accroissement des forces de sécurité congolaises, afin qu'au final elles puissent prendre la tête de la sécurisation de l'Est de la RDC. Les zones de refuge de ces groupes armés sont vastes, accidentées et souvent incontrôlées, et c'est pourquoi l'assistance militaire de la Mission des Nations Unies pour les Grands Lacs doit se concentrer sur les outils, l'entraînement et le soutien dont la RDC a besoin pour déloger ces groupes armés et pour détruire les zones de refuge;
  2. Surveiller les frontières de la zone démilitarisée;
  3. La diplomatie et le secours de la Communauté internationale seront également nécessaires pour aider les congolais et tous les peuples des Grands Lacs qui ont été déplacés. Ces hommes, ces femmes et ces enfants sont les conséquences vivantes de cette crise et représentent un défi pour la stabilité dans la région. Ils doiventêtre intégrés à  la réconciliation et au rétablissement de la RDC. L'ONU doit agir par intérêt stratégique et devoir moral et oeuvrer de concert avec les gouvernements congolais, rwandais, ougandais, burundais et tanzanien.

La Mission oeuvrera de concert avec le gouvernement congolais pour réintégrer dans leurs foyers les réfugiés et les congolais qui ont été déplacés à  l'intérieur du pays, parce que le retour des citoyens déplacés est l'un des indicateurs les plus sà»rs d'une paix rétablie et durable.

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